Le Roman

Rôles de vie sous les projecteurs de la conscience.

Parallèlement aux cours à donner, j’aime l’écriture, une autre façon de transmettre ce qui m’anime.

Ce premier roman aborde l’exploration des personnages et rôles inconscients que nous jouons dans la vie. L’importance de se relier à la Nature et d’être à l’écoute de ce que nous murmure l’âme. La vision éclairée du coeur et la responsabilité personnelle pour cheminer vers ce que nous voulons vivre.

L’histoire

Comédiens aguerris, Arnold et Sarah profitent de soirées privilégiées avec leurs petits-enfants pour évoquer la vie de personnages marquants.

Au décès de son grand-père, Romain découvre le fil rouge de leurs récits : dépeindre pour leur esprit en éveil à quoi ressemblaient l’amour et les jeux de pouvoir dans le monde d’avant.

Un roman vivant de transmission. Un roman familial et chaleureux qui révèle en clair-obscur nombre de relations humaines jusqu’à l’aube du 21ème siècle. Un roman visionnaire aussi à la lumière du temps présent.

Et si nous développions les facultés de conscience qui sommeillent à l’intérieur ? Si le moment était venu de vivre autrement et de laisser derrière nous, le non-amour…

Extrait 1 - La jeune femme amoureuse

Extrait publié le 16 décembre 2019

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Jusqu’au jour du bruit sur la lourde porte en bois. Quelqu’un vient de frapper. Je descends les escaliers de notre humble demeure en courant. Toi mon amour, tu es allé à la pêche, tu m’as promis de rapporter quelques beaux poissons pour ce soir. Nous les ferons cuire à la braise avec de petites pommes de terre dans le feu.

L’homme devant moi, déroule son parchemin de manière machinale. Je ne sais pas qui il est, il ne semble ni dangereux, ni mendiant. Il ne manifeste aucun intérêt pour moi, il ne me parle pas ou plutôt la seule question qu’il me pose est “Ceci est bien la maison de Joshua Queplet ? ” Et idiote, idiote, je réponds naïvement, je réponds “oui !”. À cela, il me demande si je suis son épouse et je lui dis “oui !” encore.

Jamais je n’aurais dû ouvrir la bouche …

Il a lu un texte de loi et les seuls mots qui retentissent sont : « Appel à la Guerre, Joshua Queplet ». Il doit se préparer à partir, c’est dans une semaine.

A cet instant précis, je sombre. Dans le néant, je suis engouffrée. Hébétée, je referme la porte sans voix. Tout d’un coup, il fait froid et humide. Je m’enfonce dans un fauteuil et j’attends. J’attends. Je suis la seule à savoir. Tu vis tes derniers moments de paix. Bientôt tu arriveras, le sourire calme des beaux jours, te réjouissant de savourer ton mets préféré, du poisson frais.

En m’asseyant, je me suis appuyée sur l’accoudoir. Sous le poids de mon avant-bras, quelque chose gesticule qui me bascule dans une réalité parallèle. Du coton sauvage des champs à de fins morceaux de verre piquant, mon esprit oscille. Il capte vaguement les sons de la rue. Mes sens sont déconnectés, un voile épais et gris est tombé. Il y a juste cette douleur, aigüe, un dard dans ma chair. Lentement, le trajet du venin se fait jusque dans l’épaule.

Mon corps est pétrifié. Je pense aux poissons frais, à ces hommes pêchés en plein élan, qui sont ingurgités par la guerre, qui gesticulent, comme cette guêpe sous mon bras qui l’écrase et dont l’unique salut est de planter là son glaive pour s’octroyer un instant de survie, à tout prix. Elle périra malgré tout.

Joshua, mon amour !

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Extrait 2 - Romain décide lui aussi de créer la surprise…

Extrait pour publication – 23 décembre 2019

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Le soir venu, autour de la cheminée, nos grands-parents avaient aménagé d’autres fauteuils pour que nos invités puissent confortablement profiter du « spectacle ». J’attendis que tout le monde soit bien installé pour faire mon entrée. Fanny m’avait appelé à deux reprises déjà; cette fois, elle m’appela à gorge déployée : « Romain, on n’attend plus que toi, tu arrives ou quoi ? » C’est à ce moment-là que j’éteignis les lumières et enclenchai la musique…

Sans rentrer dans les détails, javais exposé mon projet à Grand-Mère – il ny avait pas de raison que je naie pas de secrète complicité à mon tour! -. Elle avait dit oui, avec un sourire malicieux. Je l’avais donc engagée pour la technique: elle devrait éclairer ma descente d’escaliers grâce à un projecteur portatif que l’on avait retrouvé dans le grenier. Laprès-midi, nous avions même réussi à faire de brèves répétitions, incognito…

Justement, vu leur passion pour le théâtre, le grenier de mes grands-parents recelait des trésors, incroyablement séduisants pour nous autres, gamins. Plusieurs fois, nous y avions fouiné avec ma soeur. Il y avait une large malle avec de nombreux accessoires de scène : cannes, épées, perruques en tous genres, lunettes, moustaches, colliers, coiffes diverses… Papy avait pris soin de les ranger par compartiment, facile à identifier grâce à une étiquette. Puis il y avait le vieux-tourne disque sur la commode. Il suffisait de soulever délicatement le couvercle et placer, après avoir soufflé sur le vinyl, un disque d’époque. Mamy en avait gardés toute une collection. Durant des heures, je passais mes morceaux favoris « Let’s Twist Again » de Chubby Checker et « Rock around the clock » de Bill Haley & his Comets. M’imprégnant des musiques de jeunesse de mes grands-parents, j’essayais un accessoire et puis l’autre. Une manière de parler, une façon de se tenir, et d’un coup d’oeil au miroir, je vérifiais en virevoltant le résultat de mes essayages multiples. Parfois j’entraînais ma soeur dans une danse endiablée! Ça durait et ça durait… À force, on ne savait plus où l’on se trouvait dans l’espace. Un jour, par mégarde, je l’avais même lâchée dans l’élan! Je ne sais pas comment mais elle était passée au-dessus de la balustrade et avait dégringolé les escaliers. Ce fut ma fête, ce jour-là ! Après cet événement, nos parents exigèrent de nos grands-parents d’être présents pendant nos escapades au grenier…

Il y avait enfin deux vieilles garde-robes en bois, magnifiques! Elles trônaient tels les piliers de notre caverne d’Alibaba à nous. L’une était consacrée aux costumes de femmes, l’autre à ceux des hommes. Les déguisements que nous mettions minutieusement au point nous embarquaient dans la rocambolesque aventure de notre imagination ! Ouvrir leurs portes, c’était entamer un périple à travers le temps. Comme une allumette que l’on gratte, notre accoutrement attisait l’élaboration d’un univers fascinant. Ainsi, j’adorais me promener toute une journée dans La Bergerie et je disais à tous: « Je m’appelle Personnage Historique… ».

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Extrait 3 - Papy était légèrement grave pour une fois ...

Extrait pour publication – 30 décembre 2019

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  « Mais que nous dit le récit de ces vies si diverses, les enfants ? Papy semblait légèrement grave. Nous le regardâmes sans dire mot.

– Eh bien, voyez-vous… Depuis l’aube des temps, à travers les époques, et entre les divers coins du globe, la vie des humains se ressemble ! 

Peut-être que notre âme poursuit son errance sur cette Terre, tant que la Vie continue d’instiller en nous ses leçons de souffrances… ?

Jusqu’au jour où notre coeur s’éveille! Il a enfin mué en un coeur sensible au vivant. Il peut sortir des prétextes, de son cruel engourdissement. Il arrive à l’instant de la décision : va-t-il se mettre au service de la Vie, la célébrer ou continuera-t-il de se consacrer à souffrir et faire souffrir ?

Avant, tout n’est que vagabondage et paresseux méandres. Une exploration par l’âme de la matière et du temps. Telle la main du sculpteur qui s’évertue à retirer l’argile superflue et au bout de laquelle surgit enfin, de ce tout diffus, la forme de l’oeuvre nécessaire à manifester.  

Pourquoi ai-je besoin, Romain et Fanny, de vous confier tout cela ? Je suis en santé, c’est vrai, et j’aime vous faire rire lors de vos séjours au pays de ces belles montagnes. Pourtant, je ne suis pas loin de la fin de mon parcours, et il me tarde de vous transmettre les précieux secrets d’une existence heureuse.

L’un d’eux se cache dans la responsabilité qu’exige notre coeur. Notre coeur sait. Il est le siège de l’ultime déférence pour la Vie. Ignorer sa guidance, c’est divaguer longuement sur le chemin. Nous avons UN grand devoir, les enfants, celui de guérir notre coeur. »

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